mercredi 16 août 2017

5286 - augmenter la mise

distribution de cadeaux de Noël... bien après Noël
… au soir du 26 décembre, et de Monschau au Nord à Celles au sud-ouest, en passant par Elsenborn, Stavelot, ou encore Manhay, les forces allemandes sont désormais bloquées sur toute la longueur du Front des Ardennes.

En certains endroits, comme à Celles ou à La Gleize, elles ont même été contraintes de retraiter à pieds, après avoir perdu tous leurs Panzers, autant sinon davantage victimes de la panne d’essence que des tirs américains.

A elle seule, la 2ème Panzer, qui a débuté Wacht am Rhein avec quelque 130 tanks et canons d’assaut, vient ainsi de perdre 2 500 hommes mais aussi, et surtout, plus de 90% de son matériel !

Plus question, dans ces conditions, d’encore rêver à Antwerpen ! La seule conduite à tenir, comme le propose d’ailleurs Manteuffel, est à présent de prendre en tenaille, entre les Vème et VIème Armées, toutes les forces américaines qui combattent à l’Est de la Meuse,... ou alors, comme le réclame avec insistance Guderian, de renvoyer immédiatement sur le Front de l’Est hommes et matériel après avoir retraité derrière la Ligne Siegfried.

Mais Hitler ne veut rien entendre ! Mieux - ou pire - encore : le Führer demeure convaincu que "tout est encore possible"… du moins si Brandenberger ne cède plus aucun mètre de terrain au Sud, si Manteuffel et Dietrich reprennent l’offensive au Centre et au Nord, si Bastogne est finalement conquise,… et si on augmente encore la mise, en expédiant immédiatement dans les Ardennes trois divisions supplémentaires, formées et équipées Dieu sait comment, et prélevées Dieu sait où…

mardi 15 août 2017

5285 - la douche froide

paras de la 101ème à Bastogne, 26 décembre 1944
… Adlerhorst, Bad Nauheim, 26 décembre

A l’Adlerhorst, la nouvelle de l’arrivée des renforts américains à Bastogne a naturellement fait l’effet d’une douche froide.

Une intervention de la IIIème Armée de Patton dans les Ardennes avait certes été envisagée dans la planification de Wacht am Rhein, mais personne n’avait imaginé que cette intervention pourrait se réaliser aussi rapidement et surtout sans que les forces mobilisées pour y faire face - la VIIème Armée de Brandenberger et la 5ème division de parachutistes soient véritablement en mesure de s’y opposer.

Dans les Ardennes-mêmes, Manteuffel vient d’ailleurs de réaliser que poursuivre vers l’Ouest dans ces conditions représenterait un véritable suicide, ce pourquoi a-t-il ordonné aux 9ème Panzer et Panzer Lehr de stopper leur progression, et à la 2ème Panzer, désormais coupée de ses arrières, de retraiter… en abandonnant derrière elle ses blindés en panne d’essence.

Après le Kampfgruppe Peiper, c’est donc la deuxième fois qu’une formation blindée allemande n’a d’autre choix que de faire sauter ses propres véhicules et d’abandonner, à pieds, tout le terrain si chèrement conquis les jours précédents !

Ceci dit. que faut-il faire à présent ?

lundi 14 août 2017

5284 - "First in Bastogne"

"First in Bastogne"...
… Bastogne, 26 décembre, 17h00

Vers 17h00, c’est au tour de McAuliffe d’accueillir Creighton Abrams et les premiers tanks de la 4ème D.B. - dont le bientôt célèbre Cobra King "First in Bastogne" bientôt suivis des camions et des ambulances chargés de ravitailler et de soigner les défenseurs.

Si les combats, qui feront finalement plus de 3 000 morts et blessés rien que dans le camp américain, sont encore loin d’être terminés, le siège de la ville est en tout cas brisé

À Bastogne et dans les environs, plus de 2 000 maisons et fermes ont été détruites ou rendues inhabitables, tandis que l’on déplore la mort de près de 500 civils, autant de statistiques impressionnantes mais qui, sur le Front de l’Est, n’auraient en définitive relevé que de la banale routine d'une journée bien ordinaire.

Mais si l’on fête l’arrivée des renforts, les Allemands, eux, ne semblent toujours pas disposés à abandonner la partie, et s’efforcent même de refermer au plus vite l’étroit corridor que les hommes de la 4ème D.B. viennent à peine d’ouvrir…

dimanche 13 août 2017

5283 - Bastogne , 26 décembre, 16h30

Cobra King : le premier Sherman de la 4ème D.B. à pénétrer dans Bastogne
… Bastogne , 26 décembre, 16h30

Depuis son départ vers Bastogne, au petit matin du 22 décembre, la 4ème D.B. de Patton ne progresse que lentement, confrontée qu'elle est autant au pire hiver de la guerre qu'à la résistance acharnée des troupes allemandes, et en particulier à celle de la 5ème division de parachutistes, qui ne cessent de multiplier les obstacles et de dresser des embuscades sur son passage

Dans l’après-midi du 26, toutefois, les premiers Sherman du 37ème bataillon de tanks du lieutenant-colonel Creighton Abrams (1) font enfin leur apparition au sud-ouest de la ville.

A 15h00, blindés et half-tracks débouchent en effet dans le petit village d’Assenois, à seulement cinq kilomètres au sud, surprennent les Allemands qui y sont stationnés, puis poursuivent leur route vers le Nord jusqu’à rencontrer les silhouettes fantomatiques de fantassins dissimulés dans la neige

Un moment de flottement. Chacun s’observe en silence, s’efforce de distinguer l’ami de l’ennemi.

Pour finir, les fantassins s’extirpent lentement de leurs trous : ils appartiennent au 326ème bataillon du Génie de la 101ème Aéroportée

Il est 16h30

(1) spécialiste de l’arme blindée, et décédé en 1974, Creighton Williams Abrams a donné son nom au célèbre char M1

samedi 12 août 2017

5282 - "collatérales"

Malmedy : trois fois bombardée par erreur par l'Aviation américaine
… Manhay, 25 décembre

A Manhay, la 2ème Panzer-SS, pourtant victorieuse la veille, est repoussée à son tour.

Là encore, les Allemands tentent de réagir, mais que faire lorsque le moindre mouvement est désormais subordonné à la présence de quelques bidons d’essence, et de toute manière sous la menace constante des pilotes alliés que le retour du beau temps a ramené en force ?

Ces pilotes, pourtant, sont loin d’être infaillibles : ce même jour, Malmedy est ainsi bombardée par erreur, et pour la troisième fois (!) par l’Aviation américaine, tandis que ce qui reste de Saint-Vith est pour ainsi dire rayé de la carte par les 1 700 tonnes de bombes explosives et incendiaires larguées par les quelque 300 quadrimoteurs britanniques qui sont pourtant censés viser la gare, vitale pour le ravitaillement allemand !

L'affaire fait plus de 200 victimes parmi les civils belges encore présents dans la ville.

Des victimes que personne n'appelle encore "collatérales" et qui, de toute manière, n'intéressent personne...

vendredi 11 août 2017

5281 - la confusion

Panther de la 2ème Panzer, détruits à Foy-Notre-Dame
… Celles, 25 décembre, 10h00

A Celles, à moins de 10 kilomètres de Dinant, et de la Meuse, la 2ème Panzer n’a pour ainsi dire pas bougé depuis la veille.

Est-elle toujours à la recherche d’une route sûre pour descendre vers le fleuve, en panne de carburant et de munitions, ou, tout simplement,... à présent désemparée de se savoir si prêt du but ?

Pour les Américains, l’occasion est en tout cas trop belle pour ne pas l’attaquer de tous les côtés en même temps, et la mêlée qui s’ensuit devient vite aussi furieuse que confuse : à Celles, à Foy-Notre-Dame et partout aux alentours, tout le monde tire sur tout le monde, y compris, parfois, sur ses propres tanks, et l’irruption de centaines de chasseurs-bombardiers américains et britanniques, qui plongent à 600 kms/h en arrosant tout ce qui bouge et leur semble vaguement allemand, n’arrange certes pas les choses.

Qu’importe : au soir, la 2ème Panzer, déjà aux prises avec d’incessants problème de ravitaillement, est coupée de ses arrières et menacée d’anéantissement, à l’instar des 9ème Panzer et de la Panzer Lehr, qui se sont portées à son secours mais ont également été matraquées toute la journée par une Aviation alliée de retour dans le ciel.

jeudi 10 août 2017

5280 - le Rocher Bayard

Le Rocher Bayard, à Dinant. Les Allemands n'allèrent pas plus loin...
... Celles, 24 décembre, 04h00

Peu avant l’aube, les éléments de tête de la 2ème Panzer atteignent enfin le petit village de Celles.

Dinant, et surtout la Meuse, ne sont plus qu’à quelques kilomètres, mais les chefs de chars, qui croient la route minée, préfèrent s’immobiliser et attendre le retour de la clarté qui leur permettra de lancer des opérations de reconnaissance jusqu'au fleuve et aussi, du moins l’espèrent-ils, de se ravitailler en carburant et en munitions auprès des camions qui traînent loin derrière eux.

En fin de journée, une jeep force un barrage et saute sur une mine près du Rocher Bayard : les trois occupants, des Allemands revêtus d'uniformes américains, sont tués sur le coup mais n'en deviendront pas moins ceux qui se seront approchés le plus près du fleuve durant Wacht am Rhein...

Presqu'au  même moment, mais à une soixantaine de kilomètres vers le nord-est, la 2ème Panzer-SS s’approche quant à elle de Manhay, à peine freinée par quelques éléments de la 3ème D.B. pourtant appuyés de nombreux chasseurs-bombardiers.

A la fin de la journée, les Américains sont chassés de la place et contraints de se replier un peu plus loin, vers le village de Grandmenil.

Bien que bloqués au Nord, et autour de Bastogne, les Allemands, on le voit, n’en continuent donc pas moins de progresser - quoi que de plus en plus lentement et avec de moins en moins de moyens - vers la Meuse...